
Source : Les Echos
La Semmaris investit 300 millions d'euros dans l'extension du marché de Rungis dans la commune de Goussainville dans le Val-d'Oise. Une Agora des producteurs doit permettre de structurer la filière des agriculteurs locaux.
Le marché de Rungis s'étend enfin au nord de Paris. Sur la commune de Goussainville (Val-d'Oise), les premiers coups de pioche du programme Agoralim sont attendus d'ici à 2028 pour une mise en service en 2035. La Semmaris, gestionnaire de Rungis, investit 300 millions d'euros pour ériger 130.000 m2 d'entrepôts, d'espaces de ventes, de légumerie et de conserverie sur une emprise de 40 hectares. Sur place, 1.500 emplois sont attendus pour déconcentrer certains flux de marchandises et structurer la filière agricole.
« Avec Agoralim, nous ne créons pas seulement une infrastructure, nous bâtissons le chaînon manquant de la souveraineté alimentaire francilienne », justifie Stéphane Layani, le président du marché de Rungis, alors que la population ne cesse d'augmenter au nord de Paris. Fer de lance du Plan Val-d'Oise présenté en 2021 en réponse à l'abandon d'Europacity, puis plus récemment retenu parmi les 150 « projets Notre Dame », par le président de la République, Agoralim cristallise les attentes de développement économique.
Centralisation à Goussainville
Après une phase de consultation du public, une charte d'engagement a été signée en fin d'année 2025. Désormais, la Semmaris a déposé une demande de déclaration d'utilité publique (DUP) auprès du préfet du Val-d'Oise pour assurer la maîtrise foncière de 194 parcelles sur le site de Goussainville. Ces acquisitions sont menées sous l'égide de l'Etablissement public foncier d'Île-de-France (Epfif).
Au départ annoncé sur quatre communes dont Roissy, Gonesse et Bonneuil-en-France, Agoralim va finalement se concentrer sur la commune de Goussainville, où le maire Abdelaziz Hamida (Sans étiquette) était le plus entreprenant. « C'est le seul site opérationnel à ce stade, mais rien ne nous interdira de poursuivre sur d'autres communes pour compléter cet écosystème quand ce sera accepté localement », indique la Semmaris, qui dispose d'une capacité de 25 hectares d'artificialisation.
Sur le Triangle de Gonesse, la Semmaris va tout de même implanter un centre de formation à côté du futur lycée international à vocation agricole. Au nord du site de Goussainville, une emprise foncière est réservée à l'aménagement du vieux projet Eurocarex, une plateforme de report modal du fret aérien vers le rail, soutenue par le Groupe ADP.
