Le producteur d'électricité JPee veut construire une centrale photovoltaïque sur un ancien site d'exploitation de gypse sur la commune de Frépillon, capable d'alimenter près de 700 foyers. Dans les zones très urbanisées de la banlieue parisienne, la recherche de sites capables d'accueillir des centrales solaires importantes vire parfois au casse-tête. Dans la petite commune de Frépillon, située à 18 km de Paris, dans le Val-d'Oise, un projet de parc photovoltaïque est en cours d'élaboration sur une ancienne carrière de gypse. Exploitée jusque dans les années 2000 puis remblayée, elle offre une rare occasion de voir s'installer des panneaux sans gêner les riverains et artificialiser trop de terre.
Ce projet de centrale d'une puissance de 3 MW, installée sur une surface de plus de 13.400 m2, est porté par JP Environnement Energie (JPee), producteur français indépendant d'électricité basé à Caen (Calvados), qui produira l'équivalent de la consommation électrique d'environ 678 foyers. La demande de permis de construire est en train d'être instruite et l'enquête publique devrait démarrer d'ici à la fin de l'année. Le parc solaire pourrait être opérationnel d'ici à cinq ans.
Reconversion industrielle
« Ce type d'endroits déjà impacté par l'activité humaine nous intéresse tout particulièrement », indique Théo Bon, responsable photovoltaïque dans le nord et l'est de la France chez JPee. « Le site a la particularité d'être à quelques dizaines de mètres des premières habitations. Cela a pour avantage de nous rapprocher des points de raccordement électriques », poursuit-il. Le producteur aux 180 salariés et au chiffre d'affaires de 80,9 millions d'euros en 2025 exploite 71 centrales solaires et 18 parcs éoliens partout en France.
En jetant son dévolu sur Frépillon, JPee coche toutes les cases des attentes des pouvoirs publics. Le site a été retenu car il est situé sur une ancienne carrière, ce qui lui confère un caractère prioritaire pour la valorisation photovoltaïque au regard de la doctrine nationale « solaire sur sites dégradés » de la loi Aper (relative à l'accélération de la production d'énergies renouvelables, promulguée en 2023). Elle est également située sur une zone d'accélération des énergies renouvelables identifiées par la communauté d'agglomération Val Parisis.
Limite du massif forestier
Or, les marges étaient particulièrement faibles pour développer ce type de projet sur le lieu-dit des « Fortes terres », l'un des rares espaces naturels ouverts de la commune, constitué d'une clairière enclavée dans les franges de la forêt de Montmorency. Situé en bordure du massif, qui vient d'obtenir le statut de forêt de protection la protégeant davantage de l'urbanisation et de l'activité économique, le projet devra convaincre le plus grand nombre de son faible impact sur l'environnement.

