Projet : "L’Elysée en passe d’attirer un méga-investissement saoudien aux portes de Paris" (Article Politico)

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Source : Politico

Si le projet aboutit, un parc d’attractions sur le thème du manga Dragon Ball pourrait naître à quelques kilomètres de la capitale.

Trente-cinq ans après sa fermeture, l’ancien plus grand parc d’attractions français pourrait renaître. L’Elysée pilote depuis plusieurs mois des discussions avec l’Arabie saoudite en vue de faire renaître le site de Mirapolis, situé à Courdimanche (Val-d’Oise) et fermé depuis 1991, a appris POLITICO auprès de plusieurs sources diplomatiques, gouvernementales et industrielles.

Le projet d’investissement, à ce stade “très confidentiel”, d’après un diplomate ayant des antennes dans le Golfe, prévoit l’acquisition du site par des investisseurs saoudiens. Au cœur des négociations figure Qiddiya Investment Company, une filiale du fonds souverain saoudien PIF (Public Investment Fund), qui a récemment ouvert une antenne à Paris.

Le montant de l’investissement attendu n’est pas encore connu. Plusieurs acteurs impliqués dans les échanges évoquent une opération susceptible de dépasser le milliard d’euros.

Un spin-off d’un parc saoudien

Le projet s’inscrit dans la stratégie de diversification économique de l’Arabie saoudite, qui investit massivement dans le tourisme et les loisirs dans le cadre de son plan Vision 2030, porté par le prince héritier Mohammed ben Salmane.

Qiddiya Investment Company supervise déjà la construction de la ville de Qiddiya, immense complexe de divertissement situé à une cinquantaine de kilomètres de Riyad. Le site doit accueillir un circuit de Formule 1, un vaste complexe de tennis destiné à accueillir un tournoi international, un parc d’attractions de la chaîne américaine Six Flags, ainsi qu’un autre parc à thème estampillé Dragon Ball.

C’est précisément un projet inspiré par l’univers de ce manga qui pourrait voir le jour dans le Val-d’Oise. Selon trois personnes informées des négociations, un parc Dragon Ball de dimension plus modeste est aujourd’hui à l’étude pour prendre place sur le site déserté de Mirapolis.

L’Elysée “met la gomme”

Signe que le dossier avance bon train, une réunion pilotée par Georges-François Leclerc, le préfet de la région Ile-de-France et ancien directeur de cabinet d’Emmanuel Macron, s’est tenue fin juillet. Elle a réuni une petite dizaine de cabinets ministériels, dont ceux de Roland Lescure (Economie), Monique Barbut (Transition écologique), Serge Papin (Commerce) et Maud Bregeon (Energie). Des entreprises comme le gestionnaire de réseau électrique RTE, ou l’établissement public Ile-de-France Mobilités, sont également impliqués dans les discussions.

A l’ordre du jour de cette réunion, dont POLITICO a pris connaissance, figuraient entre autres la gouvernance du futur projet, les infrastructures de transport, les besoins énergétiques ainsi que les questions de maîtrise foncière.

“On n’avait aucune information avant de recevoir la convocation à la réunion, mais on comprend que l’Elysée veut mettre la gomme sur le sujet”, témoigne un conseiller ministériel qui a participé aux échanges.

Les contacts entre Paris et Qiddiya ne datent pas d’hier.

Lors du sommet Choose France organisé à Versailles en juin dernier, Abdullah Aldawood, le patron de Qiddiya, s’est entretenu avec Emmanuel Macron, comme il l’avait déjà fait lors de l’édition 2025. Lors de cette édition, le dossier de presse du sommet évoquait, dans des termes sibyllins, la signature d'un protocole d’accord visant à “explorer un projet majeur lié au tourisme et au divertissement en France”.

Quelques semaines auparavant, Abdullah Aldawood, accompagné d’un autre dirigeant du projet Qiddiya, Morgan Parker, avait également rencontré la présidente de la région Ile-de-France Valérie Pécresse, les équipes de Business France ainsi que celles de Choose Paris Region, l’agence d’attractivité économique de la région, a pu retracer POLITICO.

Un symbole déchu des années 1980

Inauguré en 1987 par Jacques Chirac, alors Premier ministre, Mirapolis fut présenté comme le plus grand parc d'attractions français. Son emblématique statue de Gargantua, haute de 35 mètres, dominait un parc inspiré de l’univers de François Rabelais et devait incarner les ambitions françaises face aux géants américains du secteur.

Mais les difficultés financières s’accumulèrent rapidement. La fréquentation resta inférieure aux attentes et la concurrence d’Euro Disney, quelques années plus tard, acheva de fragiliser le modèle économique du parc, qui ferma définitivement ses portes en 1991, après seulement quatre saisons d’exploitation.

Ce n’est d’ailleurs pas la première fois que des capitaux saoudiens gravitent autour de Mirapolis : à la fin des années 1980, le milliardaire saoudien Ghaith Pharaon avait déjà été impliqué dans son capital, sans parvenir à empêcher sa chute.

Les discussions sont restées très resserrées, mais les élus locaux n’ont pas tous été tenus à l’écart. Le maire de Cergy et président de l’agglomération, Jean-Paul Jeandon (PS), est bien au courant du projet. Contacté, tout comme les équipes de la mairie de Courdimanche, il n’a pas répondu à nos sollicitations.

A l’échelon supérieur, le sénateur du Val-d’Oise Rachid Temal (PS) indique ne pas avoir été associé aux discussions, et préfère ne pas le commenter à ce stade. Le député de la circonscription Aurélien Taché (LFI), lui non plus pas mis dans la boucle, explique qu’il sera particulièrement “attentif aux conditions environnementales et sociales du projet”.

“Nous sommes encore une fois mis devant le fait (accompli) des princes (saoudiens et français) !”, a-t-il réagi par SMS.

https://www.politico.eu/article/lelysee-en-passe-dattirer-un-mega-investissement-saoudien-aux-portes-de-paris/

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