
Source : Les Echos
Veolia Environnement a fermé son campus de formation francilien à Jouy-le-Moutier dans le Val-d'Oise. La transformation du site stratégique de 8 hectares mobilise le groupe et les collectivités locales.
Le géant français des services à l'environnement Veolia restructure l'offre de formation de ses campus. Celui de Jouy-le-Moutier (Val-d'Oise), le plus emblématique de ses six campus en France, a fermé ses portes. Excentré de l'agglomération de Cergy-Pontoise, nichée dans un bois à la frontière des Yvelines, le domaine s'étend sur environ 8 hectares avec une surface bâtie de près de 16.500 m². Premier campus créé par le groupe en 1994, le site était dédié à la formation et au développement des compétences des salariés et des stagiaires en alternance. Chaque année, 500 alternants étaient formés par plus d'une centaine d'employés.
Le campus proposait pas moins de 18 diplômes professionnels reconnus par l'Education nationale, du CAP à Bac +5. Créé pour répondre à l'offre de formation jugée insuffisante par Veolia en matière d'environnement, le modèle du campus devait préparer les salariés et futurs membres du groupe aux nouveaux enjeux de la gestion de l'eau, des déchets, du traitement des micropolluants et de la qualité de l'air.
Réorganisation interne
Aujourd'hui, le campus se transforme pour faire face à un besoin croissant de formation professionnelle. Jugé trop centralisé et trop lourd, ce modèle obligeait les 45.000 salariés en France à faire de trop longs trajets. A la place des six centres, qui ferment les uns après les autres, de plus petites structures à l'échelle régionale vont progressivement essaimer. Et les partenariats locaux avec les CFA et les lycées professionnels vont être renforcés.
« Il ne s'agit pas d'un simple déménagement de campus vers un autre site unique, mais d'un déploiement plus large et distribué de nos dispositifs de formation, au coeur des territoires », fait-on savoir du côté de Veolia Environnement. Des centres plus proches des territoires ont vocation à s'implanter dans toutes les régions françaises. Le premier a ouvert ses portes en 2024 à Arras. Baptisé Terra Academia et présidé par Jean-Michel Blanquer, cette nouvelle école et accélérateur de la transformation écologique doit prendre le relais des anciens campus.
Possibilités de transformation
Alors que le foncier se raréfie, la libération du site de Jouy-le-Moutier laisse entrevoir de nombreuses possibilités de transformation. Avec un château aménagé en espaces de réunion et de convivialité, 52 salles de formation, deux auditoriums de 500 et 150 places, un gymnase, un restaurant et deux résidences hôtelières de 300 chambres, le site se prête particulièrement à la poursuite d'activité de formation et de développement de l'événementiel.
A l'heure actuelle, Veolia - propriétaire du site - planche sur plusieurs scénarios. L'ancien centre de formation pourrait devenir un campus d'entreprise, ou bien un lieu dédié à l'événementiel pour accueillir des congrès et des séminaires, ou encore laisser place à un pôle d'innovation ou technologique : intégrant start-up, laboratoires, formations et espaces collaboratifs. La piste d'un tiers-lieu combinant activités économiques, pédagogiques, culturelles et sociales est également sur la table.
En parallèle, la ville de Jouy-le-Moutier et la communauté d'agglomération de Cergy-Pontoise suivent le dossier de près. « À ce stade, aucune orientation particulière n'est arrêtée.
La collectivité veillera, en lien avec les acteurs concernés, à ce que l'avenir du site soit cohérent avec les enjeux de développement du territoire », fait-on savoir du côté de l'agglomération. Le PLU actuel ne prévoit pas la possibilité de construire des logements. Ailleurs en France, des campus ont déjà trouvé une seconde vie. Celui de Tarbes va accueillir des entreprises de l'industrie du bâtiment et celui de Lyon va devenir un centre de formation de RTE.






