
Source : Le Parisien
Lieu de formation historique de la multinationale, le campus Veolia de Cergy-Pontoise n’est plus utilisé depuis décembre 2024. Le groupe cherche activement un repreneur pour ce centre de huit hectares situé à Jouy-le-Moutier (Val-d’Oise).
Huit hectares accrochés à la forêt de l’Hautil, une élégante maison de maître, un auditorium, des dizaines de salles de cours... Implanté à Jouy-le-Moutier (Val-d’Oise), le campus Veolia a accueilli pendant plus de trente ans des élèves dans un cadre de rêve. Il est désormais vide et attend patiemment sa reconversion. « C’est un site magnifique », commente le maire (DVG), Hervé Florczak, convaincu que ce lieu ne restera pas inoccupé bien longtemps. « En plus, tout est clé en main, il n’y a qu’à s’installer. »
Voilà déjà un an et demi que la multinationale française a déserté ce qui était son tout premier site de formation ouvert en 1994. À l’époque le campus de Jouy-le-Moutier était pionnier et avait été imaginé pour développer les compétences des salariés et nouvelles recrues. Quelque 500 alternants y étaient ainsi formés chaque année « par des experts du groupe », dont la moitié était ensuite embauchée, est-il ainsi précisé dans le descriptif des lieux.
À l’heure de la crise écologique, le campus avait adapté depuis un certain temps déjà son programme. Les enjeux de la gestion de l’eau, des déchets, de l’efficacité énergétique étaient ainsi au cœur des 18 diplômes professionnels (du CAP à bac + 5) préparés ici. Cette première expérience en terre val-d’oisienne ayant fait ses preuves : Veolia avait développé la formule jusqu’à atteindre six campus de formation en France.
Un prix de vente confidentiel
Mais le groupe a décidé de « faire évoluer son modèle », nous est-il expliqué. Il s’agit de « territorialiser davantage notre offre de formation, en la rapprochant au plus près de nos activités et des bassins d’emploi avec le déploiement des campus territoriaux de Terra Academia qui a commencé à Arras (Pas-de-Calais), Deauville (Calvados) et Paris », détaille Veolia qui se défend de renoncer à la formation. Au contraire, assure le groupe, « si nous faisons évoluer notre modèle, c’est pour répondre à un besoin croissant de formations professionnelles partout en France, au plus près des réalités locales. »
Reste que l’immense campus historique avec sa surface bâtie de plus de 16 000 m2 est désormais déserté. « Une équipe réduite continue d’assurer sa maintenance et son entretien », mentionne tout de même la multinationale. L’adresse est en vente. Si le prix fixé reste confidentiel, Veolia se mobilise pour tenter de trouver un acquéreur, ou plusieurs acquéreurs. « Nous sommes convaincus que le site présente un fort potentiel de transformation et peut s’inscrire dans plusieurs modèles de développement, insiste le service communication du groupe. Sa modularité, sa taille et son autonomie en font un site particulièrement propice à des projets hybrides, mêlant plusieurs fonctions et répondant aux nouveaux usages du travail, de la formation et de l’événementiel. »
Veolia détaille même ses ambitions et évoque tous les scénarios envisagés pour l’avenir de ce lieu : il pourrait rester un campus d’entreprise dédié à la formation, devenir « un lieu événementiel accueillant des congrès ou séminaires, être transformé en pôle d’innovation ou technologique, ou bien en tiers-lieu combinant activités économiques, pédagogiques, culturelles et sociales ». Ultime piste, le site de Jouy-le-Moutier pourrait changer complètement de mission et devenir un lieu de séjour bien-être ou accueillir des retraités qui veulent se mettre au vert.
« Des candidats il y en a »
La ville et l’agglomération de Cergy-Pontoise gardent un œil très attentif sur l’avenir de ce campus situé à la frontière du Val-d’Oise et des Yvelines, au cœur d’un paysage boisé. « Il faut faire vite, lorsqu’un site n’est plus utilisé il peut vite péricliter, estime Hervé Florczak. Veolia a fait des investissements ces dernières années pour le remettre au goût du jour. »
Une chose est sûre, « il n’y aura pas de logements », le plan local d’urbanisme ne le permet pas. Lors du mandat précédent, quelques terrains du campus qui étaient jusqu’à présent mis à disposition de la ferme d’Ecancourt par Veolia ont été rachetés par la ville. Une façon de sécuriser l’activité de la ferme pédagogique.
La commune n’a bien sûr pas les moyens d’aller plus loin mais la municipalité est très confiante. « Des candidats il y en a », assure Hervé Florczak. Le plus sérieux à ce jour serait le groupe Châteauform, spécialisé dans les événements d’entreprise. « Dans notre bassin économique, il y a forcément des besoins en termes de lieux de formation ou séminaires », espère l’élu qui verrait bien le campus conserver sa mission première.






