
Source : La Semaine de l'Ile-de-France
Les maires du Val d'Oise se sont réunis ce 12 juin à Cormeilles en Parisis, à l'occasion de leur université. Au cœur des échanges : l'attractivité économique du département.
Ce 12 juin, la salle Emy-les-Prés, à Cormeilles-en-Parisis, a accueilli la 17e université des maires du Val d'Oise. Un rendez-vous très attendu puisque 120 maires, sur les 183 que compte le département, étaient présents. "Nous avons dans la salle des anciens maires. Beaucoup ! C'est qu'ils ont bien bossé”, s'est amusé Patrice Robin, maire de Villaines-sous-Bois et président de l’Union des maires du Val-d’Oise. “Et nous avons des nouveaux maires inconscients. Les médias vous disent que c'est une fonction compliquée : il n'y a pas d'argent, on est à portée de baffe, portée d'engueulade... mais vous y allez !".
Au-delà de l'humour, Patrice Robin a tenu à rappeler l'engagement des élus, "qui sont dans l'envie, qui veulent relever le défi et mettre les mains dans le cambouis".
"Sans argent, on ne peut pas faire grand-chose"
Pour autant, si la bonne humeur était de mise, les préoccupations budgétaires n'ont pas été tues et ont été évoquées au cours d'une table ronde. "Sans argent, on ne peut pas faire grand-chose" a constaté Patrice Robin énumérant les sources de financements nationaux, régionaux et départementaux qui diminuent. Face à cette situation, le développement économique porté par les entreprises apparait comme un ressort essentiel pour les communes. "Il crée des richesses qui vont maintenir, voire développer, les services publics" a souligné le président de l’Union des maires du Val-d’Oise.
Dans le domaine, quels sont les atouts du territoire sur lesquels les élus peuvent s'appuyer ? "Le Val-d'Oise est une terre véritablement d'attractivité pour les entreprises", a souligné Philippe Sueur, maire d’Enghien-les-Bains et président du Ceevo, l'agence de développement et d'attractivité des territoires du Val d'Oise. Zone aéroportuaire de Roissy-Charles-de-Gaulle, autoroutes A1 et A15, espaces naturels, population jeune, université... Les atouts sont réels. Mais pour Philippe Sueur, il est également indispensable "que le territoire soit innovant" pour attirer les chefs d'entreprise. Agoralim, futur pôle d'excellence dédié à l'alimentation durable, basé à Goussainville, en est un exemple.
Former les jeunes et trouver de l'espace
Pour autant, les points de vigilance existent, notamment autour de la formation. "Les jeunes sont motivés”, a constaté Michel Alexeef, président de la CMA du Val-d’Oise. “Mais nous devons créer des centres de formation, car ce n'est pas possible de faire plus de deux heures de trajet aller pour se rendre au centre de formation de Gonesse quand on habite dans le Vexin". Une condition indispensable pour assurer le renouvellement des artisans dans les années futures.
La question des réserves foncières disponibles pour installer des entreprises est aussi brûlante. "Nous sommes depuis longtemps en dessous des 200 hectares", a noté Philippe Sueur. Pour autant, des solutions existent. "Les parcs d'activités sont vieillissants et leur rénovation permettrait de gagner de l'espace en verticalité", a poursuivi le maire d’Enghien-les-Bains.
De leurs côtés, les entrepreneurs, même s'ils éprouvent des inquiétudes profondes face aux incertitudes géopolitiques et à une instabilité politique nationale, ne baissent pas les bras. "Depuis le Covid, nous nous sommes habitués à être agiles", a constaté Sébastien Ramé président de la Fédération du Bâtiment 95. Les contours de relations plus resserrées entre maires et entrepreneurs val d'Oisiens semblent se dessiner.






