
Source : Le Parisien
Alors que Cergy (Val-d'Oise) vient d'accueillir le mastodonte du secteur, Dassault, un parc d'activités entièrement dédié à la filière de l'aéronautique et de la défense va être créé sur la plaine des Linandes.
« Le contexte géopolitique actuel fait que beaucoup de commandes arrivent. Les entreprises de l’aéronautique vont forcément se développer. » Et Cergy-Pontoise leur ouvre grand ses portes, comme l’explique Julien Sissoko directeur adjoint du service développement économique de l’agglomération.
La collectivité vient de lancer une nouvelle zone d’activités (ZA) entièrement dédiée à ce secteur. Le site baptisé Aeropark sera implanté sur six hectares, non loin de la nouvelle usine Dassault aviation, inaugurée récemment.
« Une ZA était prévue dans le cadre du projet d’aménagement de la plaine de Linandes, rappelle Julien Sissoko. Cela tombée sous le sens qu’elle soit connectée à l’aéronautique. »
La présence du fabricant d’avions Rafale, qui a déménagé d’Argenteuil l’année dernière pour investir de nouveaux locaux de plus de 110 000 m2 avec 600 salariés, y est pour beaucoup bien sûr.
Mais ce n’est pas la seule raison d’être de l’Aeropark. Car entre le secteur de Cergy-Pontoise et l’aéronautique, l’histoire d’amour est ancienne. L’arrivée de Dassault même, n’est pas le fruit du hasard...
Dans le Val-d’Oise, plus de 3 000 emplois attendus dans l’armement et la défense
Tout a commencé dans les années 1970. « Le Val-d’Oise a été l’un des tout premiers territoires lié à l’industrie aéronautique, raconte Jean-François Benon directeur du CEEVO (l’agence de développement et d’attractivité des territoires du Val-d’Oise). Il y a une histoire qui remonte très loin, au siècle dernier. »
Les premiers aéronefs étaient en effet fabriqués aux portes de Paris, sur les bords de Seine, tout comme les automobiles. L’usine Lorraine-Dietrich ouvre à Argenteuil dès 1907 et approvisionne le marché automobile naissant avant d’élargir son activité en fabriquant des moteurs d’avion afin de participer à l’effort de guerre. Le site n’est autre que l’ancêtre de Dassault aviation.
350 entreprises aéronautiques
« Les sous-traitants ont été poussés vers Cergy-Pontoise car c’est là qu’il y avait de la place avec la Ville nouvelle », continue Jean-François Benon. Aujourd’hui, d’après les données du CEEVO, la filière aéronautique ne compte pas moins de 350 entreprises dans le Val-d’Oise. La plupart étant des PME, équipementiers ou sous-traitants, implantés sur le secteur originel d’Argenteuil-Bezons mais également à Cergy-Pontoise.
L’agglomération compte ainsi désormais quelque 18 établissements importants dans la filière de l’aéronautique et de la défense. Avec de grands noms comme Thalès, Safran ou encore Collins aerospace.
Au total, cette activité représente déjà plus de 6 000 salariés. Sans doute davantage à l’avenir, si la nouvelle zone d’activités avec ses huit emplacements fait le plein. Tous les signaux semblent au vert en tout cas.
"Les carnets de commandes sont pleins"
« Nous avons déjà des touches pour de futures arrivées », confie Julien Sissoko. Fin 2025, une journée d’information à destination des acteurs économiques était d’ailleurs organisée sur place.
« Avec ce qui se prépare à la fois au niveau militaire et en matière de décarbonation du transport, les carnets de commandes sont pleins pour huit à dix ans, constate le directeur du CEEVO. Il y a une pression énorme sur les sous-traitants, ils n’arrivent pas à fournir. »
Loin d’attiser la concurrence, réunir au même endroit différents acteurs de l’aéronautique pourrait avoir une véritable utilité stratégique, du point de vue de l’échange de compétences notamment. Car le marché est important pour tout le monde au vu du contexte, ne serait-ce qu’avec « la cadence de Dassault », pointe Jérémy Goossens le dirigeant de Revima, installée de longue date à Saint-Ouen-l’Aumône.
« Cette activité draine tout un tissu de sous-traitance de façon massive, précise-t-il. Les entreprises du territoire ont tout intérêt à travailler ensemble. Ce projet d’Aeropark est un bon levier. »
Si l’agglomération en est, à l’heure actuelle, au stade de prospection et de sélection des candidats, le permis d’aménager de la zone d’activités a déjà été obtenu en novembre dernier. Le démarrage des travaux est prévu à partir du second trimestre 2026, en fonction de l’avancée de la commercialisation des lots.






